Comment faire du business avec une personne influente ?

Podcast Jérémie Vanopdenbosch et Matthieu Kaczmarek

Le networking et le réseautage ne sont pas réservés à ceux qui « connaissent déjà du monde ». Ce sont des compétences qui s’apprennent — et qui peuvent transformer la trajectoire d’un business, même quand on part de zéro.

On imagine souvent que faire du business avec une personne influente relève de la chance ou d’un carnet d’adresses hérité. En échangeant avec Jérémie Vanopdenbosch, fondateur de Business Entourage, dans le podcast Entreprises et Société, une chose est apparue clairement : le networking et le réseautage sont avant tout une méthode. Une méthode que n’importe quel entrepreneur peut appliquer, quelle que soit sa notoriété de départ.

Voici ce qu’il faut retenir pour transformer une simple rencontre en véritable opportunité business.

Le networking n’est pas une technique de vente

La première erreur, la plus répandue, consiste à confondre réseautage et prospection commerciale. Se présenter à une personne influente en ayant déjà en tête ce qu’on va lui vendre condamne la relation avant qu’elle ait commencé : l’interlocuteur sent immédiatement l’intention calculée, et la connexion humaine ne se crée pas.

Le vrai networking repose sur un principe simple : s’intéresser sincèrement à l’autre avant de penser à ce qu’il peut apporter. Poser des questions, être curieux, apprendre de la personne en face — c’est ce climat de confiance qui, plus tard, rend une collaboration business possible. Vouloir aller trop vite produit l’effet inverse : on ferme la porte qu’on cherchait à ouvrir.

La loi de la réciprocité : apporter de la valeur avant de recevoir

Le principe qui revient le plus souvent dans les stratégies de réseautage efficaces, c’est la réciprocité : donner sans calculer ce qu’on recevra en retour. Non pas dans une logique de sacrifice, mais parce qu’aider fait plaisir, sans arrière-pensée.

Un exemple concret illustre bien ce mécanisme : accepter d’intervenir gratuitement pour une petite conférence, sans savoir qui sera dans la salle, peut déboucher — parfois des mois plus tard — sur une opportunité totalement inattendue, portée par une personne présente ce jour-là et qui a gardé le contact en tête. Ce type de retombée ne se planifie pas ; il est la conséquence d’une valeur apportée sans condition.

À l’inverse, une approche trop calculée se repère instantanément. Demander « en quoi puis-je t’aider » dans le seul but de générer une dette symbolique produit l’effet contraire de celui recherché : la relation devient inconfortable, presque suspecte.

Oser aborder une personne influente : la règle des 3 secondes

Réseauter avec des personnalités inaccessibles en apparence demande aussi de savoir gérer sa propre appréhension. Beaucoup d’entrepreneurs se sentent illégitimes face à des interlocuteurs plus en vue qu’eux, et hésitent au moment d’engager la conversation.

Une règle simple permet de dépasser ce blocage : agir dans les trois premières secondes. Passé ce délai, le cerveau a le temps de fabriquer des excuses, et l’occasion est perdue. Un point d’observation — une tenue, un détail, un sujet léger — suffit souvent à amorcer un échange naturel, loin de toute question professionnelle.

Cette aisance se construit avec la répétition : plus on multiplie les situations de réseautage, moins l’appréhension prend le dessus. Ce n’est pas un talent inné, mais un muscle qui se travaille comme n’importe quelle autre compétence business.

Se connecter avant de vendre

Un fil conducteur traverse toutes les réussites en matière de réseautage business : la relation humaine précède toujours la transaction. Parler d’abord d’un sujet neutre — un centre d’intérêt commun, une anecdote, une passion partagée — permet de construire un terrain de confiance avant même d’évoquer une quelconque activité professionnelle.

C’est souvent une fois cette relation établie que la personne en face demande spontanément : « Mais au fait, tu fais quoi dans la vie ? » — et c’est à ce moment précis que la porte business s’ouvre naturellement, sans avoir été forcée.

Ce principe s’applique aussi dans des contextes très différents, comme la reprise ou la vente d’une entreprise. Un cédant qui a mis vingt ou trente ans de sa vie dans son affaire ne choisit pas nécessairement l’offre la plus élevée : il choisit souvent la personne avec laquelle il s’est senti compris, dont il sent qu’elle prolongera ce qu’il a construit plutôt que de le réduire à une simple transaction financière.

Étude de cas : d’un petit projet local aux Jeux Olympiques

L’un des exemples les plus parlants de ce que peut produire un réseautage bien mené concerne une marque encore peu connue, portée par un client accompagné par Jérémie Vanopdenbosch. L’objectif de départ : donner une visibilité internationale à des bijoux artisanaux.

Plutôt que de multiplier les envois de produits au hasard, la méthode a consisté à définir précisément qui pourrait légitimement porter et faire rayonner cette marque — puis à donner du sens à l’objet lui-même plutôt que d’en faire un simple cadeau promotionnel parmi d’autres. Un bracelet a ainsi été personnalisé avec les coordonnées géographiques de la ville natale d’un mannequin international, plutôt qu’envoyé comme un gadget publicitaire de plus.

Ce détail a suffi à transformer la perception de l’objet : il n’était plus un cadeau parmi tant d’autres, mais un geste qui montrait un vrai intérêt pour la personne. Résultat : le bracelet a ensuite été porté lors d’un mariage, puis — plusieurs semaines plus tard — lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, devant des centaines de millions de téléspectateurs.

Ce que cette histoire illustre, ce n’est pas un coup de chance isolé, mais une méthode reproductible : identifier les bonnes personnes, apporter une attention réellement personnalisée, et laisser la relation se développer sans forcer la contrepartie commerciale.

Entretenir la relation dans la durée

Faire du business avec une personne influente ne s’arrête pas à la première rencontre réussie. Encore faut-il savoir entretenir le lien sans devenir pesant. Trois niveaux de réseau coexistent, et chacun appelle une fréquence de contact différente :

  • Le cercle proche : des relations presque amicales, entretenues naturellement, sans effort particulier.
  • Le cercle intermédiaire : des contacts qu’on retrouve ponctuellement, autour d’un café ou d’un événement.
  • Le cercle superficiel : des connexions ponctuelles, qu’il n’est pas nécessaire de solliciter souvent pour qu’elles restent actives.

Un repère utile ici est le nombre de Dunbar, qui limite à environ 150 le nombre de relations qu’un individu peut entretenir de manière réellement authentique. Le message est clair : mieux vaut un réseau restreint mais aligné sur des valeurs communes qu’une liste de contacts interminable et sans substance.

Les erreurs qui ruinent une mise en relation

Certains réflexes suffisent à casser une relation qui avait pourtant bien commencé :

  • Vendre trop tôt. Aborder le sujet business dans les premières minutes d’un échange coupe court à toute connexion humaine.
  • Calculer son aide. Une relation ressentie comme intéressée se referme immédiatement, même si rien n’a encore été demandé.
  • Ne pas délivrer derrière. Le réseautage ouvre des portes, mais seule la qualité du travail fourni permet de les garder ouvertes. Une image soignée sans compétence solide derrière ne tient jamais sur la durée.

Ce qu’il faut retenir

Faire du business avec une personne influente n’a rien d’un coup de chance réservé à quelques privilégiés. C’est une compétence : s’intéresser sincèrement aux autres, apporter de la valeur sans calcul, oser l’échange même en cas d’appréhension, et entretenir la relation dans la durée sans jamais forcer la contrepartie commerciale.

Le networking et le réseautage restent, in fine, une question d’humain avant d’être une question de stratégie — et c’est justement ce qui les rend accessibles à tous les entrepreneurs, quel que soit leur point de départ.